Droit des femmes : entre curiosité et inquiétude

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Défaut ou qualité, la curiosité est un moteur. C’est une soif de savoir pourquoi, comment et de quoi demain sera fait. La curiosité est une énergie sans cesse renouvelée qui nous pousse à découvrir la suite de l’aventure même si cette dernière est parfois…. Comment dire, exaspérante!

Comme chaque année, nous approchons la date fatidique du 8 Mars et des articles vont fleurir les étals pour évoquer  les droits des femmes. Certaines villes ont même décidé de consacrer l’ensemble du mois à des actions leur faveur. Soit, c’est gentil.

Tout ceci part d’une excellente intention à laquelle il n’est pas question de s’opposer. Mais le fossé se creuse chaque jour entre les droits des femmes tels que nous les connaissons et un courant de pensée archaïque qui pourrait devenir prépondérant si on n’y prête pas garde.

C’est là que l´inquiétude prend le pas sur la curiosité. Les femmes qui ont grandi sûres que l’héritage de Simone Veil, Emma Goldman, madame de Beauvoir ou encore  Colette  leur était  acquis ne sont plus si sûres de vouloir connaître la suite. La montée des intégrismes religieux  (fanatisme, orthodoxie, et autres) va de pair avec le virage à « droite » (jusqu’à l’extrême) de nos sociétés et ce retour a un conservatisme plombant est loin d’être favorable aux droits des femmes.

Quoiqu’il arrive, la suite nous allons la voir et l’optimisme ne va pas suffire cette fois. Vigilance et lucidité seront également utiles à celles et ceux qui considèrent que l’égalité entre les hommes et les femmes n’est pas une notion optionnelle.

 

Systèmes totalitaires : de Hannah Arendt à Johann Chapoutot

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« Quand tout le monde vous ment en permanence, le résultat n’est pas que vous croyez ces mensonges, mais que plus personne ne croit plus rien. Un peuple qui ne peut plus rien croire ne peut se faire une opinion. Il est privé non seulement de sa capacité d’agir mais aussi de sa capacité de penser et de juger. Et avec un tel peuple, vous pouvez faire ce qu’il vous plaît. »

Hannah Arendt

Une œuvre fondatrice

Hannah Arendt a vécu de 1906 à 1975. Cette Allemande journaliste, politologue et philosophe fut apatride de 1937 à 1951 avant d’être naturalisée américaine. Se définissant avant tout comme une « théoricienne » de la politique, elle est connue pour ses travaux sur le totalitarisme, la modernité, l’activité politique…

Bien qu’elle ait pu être controversée, comme lorsqu’elle a publié « Eichman à Jérusalem » en 1963, livre issu de sa couverture du procès du nazi Adolph Eichmann et traitant de la »banalité du mal », ses principaux ouvrages (les origines du totalitarisme, Condition de l’homme moderne, la crise de la culture) restent parmi les fondamentaux de la pensée contemporaine.

Annah Arendt : entre recul et proximité 

Hannah Arendt a théorisé la « pensée totalitaire » avec un recul fascinant si l’on considère la manière dont elle a été confrontée à l’émergence de cette dernière dans l’Allemagne des années trente. Elle fut cependant largement critiquée pour avoir été influencée par Heidegger, son maître à penser et amant alors que ce dernier avait des liens avec le pouvoir nazi en place. Difficile de faire la part des choses entre influence du « maître » et « lutte contre l’endoctrinement ». Une part de l’œuvre d’Arendt est consacrée à disculper Heidegger, en le différenciant d’Eichmann qu’elle considère comme dénué de pensée. Possible que les théoriciens, aussi brillants soient-ils aient un regard de myope lorsque l’amour s’en mêle. Possible également qu’il ait été plus difficile pour Arendt de vilipender Heidegger car elle s’identifiait à lui, ce penseur comme elle qui semblait s’être fourvoyé.

Autant être prévenus

Quoiqu’il en soit, lorsqu’on relit la petite phrase en tête d’article. On saisit mieux pourquoi les « dictateurs « , les « autoritaires »,  » ceux qui veulent passer en force », « les totalitaires », aiment tant « reconstruire l’histoire »,  » déconstruire la réalité », « discréditer ceux dont le rôle est d’informer », « rendre le quotidien flou ». Simplement pour « sidérer les individus » à la manière dont le ferait un système pervers, les engluer dans une sorte de mélasse gluante faite de neo-realite, d’inexactitudes et de contre vérité. Privés de lucidité, de capacité d’agir, de penser, de juger, nous devenons tous très manipulables. L’intelligence, l’instruction, la connaissance, la ruse n’y changent pas grand chose. Autant être prévenus.

Proposition de lecture

Johann Chapoutot est historien. Il s’est intéressé de très près à  » la période  nazi » et aux ressorts de ce fonctionnement intellectuel de groupe apocalyptique. Son livre : la révolution culturelle nazie est paru chez Gallimard. A lire pour approfondir et mettre en perspective avec le point de vie Arendtien. De nombreuses différences existent, puisque Chapoutot différencie la machinerie nazie d’autres formes de dictatures comme les stalinismes alors qu’Arendt tendait à les mettre sur un même pied. Les distorsions selon lesquelles la pensée nazie adaptait (transformait) la pensée de différents philosophe pour se l’approprier (Kant par exemple). Cliquez sur le Twitt ci-dessous pour accéder à un article de Slate à propos du livre de Johann Chapoutot.

 

 

 

 

Un soir, une histoire

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Les magnolias sont revenus. Leurs becs d’oiseau plongent vers le sol avant de donner naissance à de vibrantes corolles d’un rose soutenu  tournées vers le bleu du ciel. Leurs branches ont oublié de se parer de feuilles vertes, et, telles un squelette désarticulé, elles s’offrent à ces fleurs  lourdes  qui les dévorent de l’intérieur.

Les magnolias sont là. Cette année, ceux qui les ont plantés ne les verront pas. Les becs d’oiseaux continuent pourtant à se parer de leurs plus beaux atours, car ici, ils ont été aimés  et soignés. On les a tellement adorés. Eux, les squelettes désarticulés. Alors, même si tout est terminé, ils continuent à fleurir dans le vide sans plus personne pour les admirer.

Les magnolias ne savent pas. Ceux qui se sont occupés d’eux s’en sont allés. Les herbes ont tout envahi, tout sinistré. Mais, les magnolias sont toujours là…

Trump : un gamin qui sème la panique sans faire plonger le Dow Jones

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Le dernier président américain en date fait couler beaucoup d’encre. Tout porte à croire qu’il fait l’unanimité contre lui. Élu sur une campagne atteignant les sommets de la misanthropie, le début de sa gouvernance est celle d’un individu mégalomane convaincu que la réalité va se plier à ses desiderata.

On finit par se demander si ce « gros bébé » ne confond pas le monde avec un jeu de légos géant. Et le « bébé » a l’air rageur, de là à ce qu’il nous balaye tous d’un revers de la main en se fâchant tout rouge… Ce serait agaçant. Il faudrait peut-être s’occuper de lui avant. Une petite tétée pour le calmer?

Trente jours de galère 

En trente jours, « monsieur calamité » est tout de même parvenu à détricoter l’Obamacare, attaquer maintes fois les « affreux journaliste » qui ne sont pas ses amis puisqu’ils ne se comportent pas comme un outil de propagande, à menacer de quitter l’Alena (accord de libre-échange nord-américain), à geler les embauches de fonctionnaires (j’en connais certains qui rêveraient de ça en France), à interdire le financement fédéral des ONG internationales soutenant l’avortement, à lancer la construction du mur entre le Mexique et son « cher pays » tout en signant un décret anti-immigration semant la zizanie sur son chemin. Le décret anti-immigration a créé un véritable tollé, entre manifestations et réactions juridiques « l’intrépide président » a été freiné dans son enthousiasme.

S’estimant trahi par Sally Yates (ministre de la justice par intérim), il n’hésite pas à la limoger. Sa faute, avoir demandé aux procureurs de ne pas défendre le décret anti-immigration. De la résistance civile?

Histoire de bien border l’affaire, le président Trump s’est ensuite assuré les services du Juge ultra-conservateur Neil Gorsuch en le nommant à la Cour Suprême. Ce dernier, si le Sénat le confirme dans ses fonctions, devrait apporter entière satisfaction au Président s’il demeure « originaliste ». L’idée étant que les juges interprètent la constitution à partir des écrits de 1787. Après le fondamentalisme religieux, place au rigorisme juridique….

Le décompte des « embrouilles » entre « Mister Trump » et ses homologues, est déjà abyssal (Israël, Mexique). Décidé à dénoncer nombre d’accords (avec l’Australie sur l’immigration, avec l’Iran sur le nucléaire, avec la Canada sur le libre-échange), le « gamin » sème la panique dans la cour de récré.

Les « affaires se succèdent donc » jusqu’à éclabousser Mickael Flynn, le conseiller à la sécurité nationale, qui s’est vu reprocher des « liens inadéquats » avec la Russie, et a démissionné quatre jours après les révélations du Post. « Encore un complot…? »

Bref, ne pas remarquer le manque d’objectivité du président américain relève de l’aveuglement le plus total. Son univers parait constitué de « ceux qui sont ses amis » et des autres les méchants contradicteurs) qui deviennent rapidement des « ennemis publics » du fait de la nouvelle stature que confère l’investiture présidentielle à Donald Trump. C’est ainsi que le président « tout-puissant » pointe du doigt ses cibles favorites (NBC, CBS, CNN et le New-York Times) les qualifiant « d’ennemis des Américains », de « mensongers » au risque de les livrer à la vindicte populaire. De manière pyramidale, les attitudes violentes de ce président, son impulsivité finiront par retentir sur la société. Quand un « chef » s’autorise vindicte, sarcasme, haine et mépris ostensible, il crée un climat favorable à la désinhibition sociale et aux passages à l’acte de toutes sortes dans le pays qu’il gouverne.

Adepte de la néo-réalité, le président Trump n’hésite pas à affirmer que ce qui ne va pas dans son sens est fake, tout en transformant certains faits quitte à en inventer de nouveaux (attentat en Suède). Le tout au service de ce qu’il estime être bon : la « lutte contre l’immigration », le protectionnisme….

Pourquoi ce président, fou ou adepte de « la stratégie du fou », est-il toujours au pouvoir? De nombreux psychiatres Américains ont signé une pétition en faveur d’une procédure d’impeachment. L’idée de cette procédure « miraculeuse » connaît son petit succès outre-manche. Posture peu réaliste compte tenu de la lourdeur de cette procédure, de la gravité des charges à retenir, telles que « la trahison, la corruption et autres crimes majeurs », mais aussi de l’écrasante majorité républicaine dont Donald Trump bénéficie aux deux chambres.

Et l’économie dans tout ça

Avec toutes ces péripéties, « l’économie plonge et la bourse avec… » Justement, NON. L’indice du Dow Jones se porte à merveille. Le septième record de hausse à la clôture en sept jours vendredi dernier! Le nirvana non?

Selon le site boursier.com : « maintenant qu’ils ont joué sur les aspects jugés positifs du programme Trump, au premier chef les promesses réitérées de baisse des impôts, les investisseurs pourraient marquer une pause, en attendant les premiers signes de mise en oeuvre du programme. »

Allons bon, ceci signifierait que le « lobbie » des « grosses fortunes », celles qui tirent parfois les ficelles se satisferaient du programme Trump? Donc, les investisseurs feraient passer leurs avantages avant la politique sociale, le droit des femmes, des immigrés, des minorités, les risques liés à un protectionnisme excessif…. Je me refuse à cette évidence.

A ce sujet, Lindsey Bell (CFRA Research) s’esprime en ces termes :

« Ce qui me rend nerveux, c’est que j’ai l’impression que les intervenants ignorent toutes les implications des mesures concernant l’immigration, le commerce, la santé-les implications négatives susceptibles de découler d’un gouvernement protectionniste » –le bousier.com

Il y a de quoi être nerveux et, dans ce contexte, la perspective des élections françaises laisse entendre que le pire est à venir.

 

 

 

Le vent d’autan : vent honni, vent béni

Temps noir -cdo
Temps noir -cdo

Le vent d’autan, à l’image du Mistral de méditerranée est un vent qui rend fou dans les plaines du Sud-Ouest français. Détesté des populations paysannes, le vent du Diable est celui de toutes les peines, des récoltes détruites et du bon vin qui tourne au vinaigre. Il « tape sur le système » par son caractère tempétueux, violent et irrégulier. C’est un vent venant du Sud-Est. L’Autan a longtemps représenté, dans l’imaginaire populaire, le combat féroce entre le bien (le vent d’Ouest ou Cers, d’origine divine) et le vent  de l’Est à caractère maléfique.

L’Autan aurait sa place sur un échiquier. Blanc il est associé au beau temps, frais en hiver et chaud en été, il est lié à l’affrontement entre anticyclone (Baltique) et front dépressionnaire (vers le portugal). Noir, l’autan prolonge les vents marins et devient pourvoyeur de précipitations, il se caractérise par sa douceur.

Lorsque le vent est turbulent, lorsqu’il cogne à nos portes, à nos fenêtres comme un visiteur inopportun, il n’est pas rare qu’il emporte tout sur son passage. S’il vole notre raison l’espace d’un instant, possible que nous suivions le chemin qu’il trace pour nous. Qui n’a pas rêvé un jour de tout oublier pour se laisser porter par les vents? Imaginez-vous transportés, déplacés et prêts à débuter une nouvelle vie au fil du temps, au fil du vent… De déplacement, en déplacement vous pourriez atterrir dans une petite ville inconnue, un jour de carnaval. Une de ces petites villes incongrues et hors du temps : tout le monde s’y connait, s’y regarde, entre ragots et convenances. Et s’il vous venait l’idée d’y croquer un carré de chocolat, même en période de carême, en affirmant que ce n’est pas « forcément interdit », comment l’affaire se terminerait-elle, à votre avis?

Pour ceux qui ont une sensation de déjà vu : regardez (les autres aussi, mais si, mais si)

Tout ceci pour dire que les interdits d’hier ne devraient pas devenir les interdits de demain dans une société qui va de l’avant.