Trump : un gamin qui sème la panique sans faire plonger le Dow Jones


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Le dernier président américain en date fait couler beaucoup d’encre. Tout porte à croire qu’il fait l’unanimité contre lui. Élu sur une campagne atteignant les sommets de la misanthropie, le début de sa gouvernance est celle d’un individu mégalomane convaincu que la réalité va se plier à ses desiderata.

On finit par se demander si ce « gros bébé » ne confond pas le monde avec un jeu de légos géant. Et le « bébé » a l’air rageur, de là à ce qu’il nous balaye tous d’un revers de la main en se fâchant tout rouge… Ce serait agaçant. Il faudrait peut-être s’occuper de lui avant. Une petite tétée pour le calmer?

Trente jours de galère 

En trente jours, « monsieur calamité » est tout de même parvenu à détricoter l’Obamacare, attaquer maintes fois les « affreux journaliste » qui ne sont pas ses amis puisqu’ils ne se comportent pas comme un outil de propagande, à menacer de quitter l’Alena (accord de libre-échange nord-américain), à geler les embauches de fonctionnaires (j’en connais certains qui rêveraient de ça en France), à interdire le financement fédéral des ONG internationales soutenant l’avortement, à lancer la construction du mur entre le Mexique et son « cher pays » tout en signant un décret anti-immigration semant la zizanie sur son chemin. Le décret anti-immigration a créé un véritable tollé, entre manifestations et réactions juridiques « l’intrépide président » a été freiné dans son enthousiasme.

S’estimant trahi par Sally Yates (ministre de la justice par intérim), il n’hésite pas à la limoger. Sa faute, avoir demandé aux procureurs de ne pas défendre le décret anti-immigration. De la résistance civile?

Histoire de bien border l’affaire, le président Trump s’est ensuite assuré les services du Juge ultra-conservateur Neil Gorsuch en le nommant à la Cour Suprême. Ce dernier, si le Sénat le confirme dans ses fonctions, devrait apporter entière satisfaction au Président s’il demeure « originaliste ». L’idée étant que les juges interprètent la constitution à partir des écrits de 1787. Après le fondamentalisme religieux, place au rigorisme juridique….

Le décompte des « embrouilles » entre « Mister Trump » et ses homologues, est déjà abyssal (Israël, Mexique). Décidé à dénoncer nombre d’accords (avec l’Australie sur l’immigration, avec l’Iran sur le nucléaire, avec la Canada sur le libre-échange), le « gamin » sème la panique dans la cour de récré.

Les « affaires se succèdent donc » jusqu’à éclabousser Mickael Flynn, le conseiller à la sécurité nationale, qui s’est vu reprocher des « liens inadéquats » avec la Russie, et a démissionné quatre jours après les révélations du Post. « Encore un complot…? »

Bref, ne pas remarquer le manque d’objectivité du président américain relève de l’aveuglement le plus total. Son univers parait constitué de « ceux qui sont ses amis » et des autres les méchants contradicteurs) qui deviennent rapidement des « ennemis publics » du fait de la nouvelle stature que confère l’investiture présidentielle à Donald Trump. C’est ainsi que le président « tout-puissant » pointe du doigt ses cibles favorites (NBC, CBS, CNN et le New-York Times) les qualifiant « d’ennemis des Américains », de « mensongers » au risque de les livrer à la vindicte populaire. De manière pyramidale, les attitudes violentes de ce président, son impulsivité finiront par retentir sur la société. Quand un « chef » s’autorise vindicte, sarcasme, haine et mépris ostensible, il crée un climat favorable à la désinhibition sociale et aux passages à l’acte de toutes sortes dans le pays qu’il gouverne.

Adepte de la néo-réalité, le président Trump n’hésite pas à affirmer que ce qui ne va pas dans son sens est fake, tout en transformant certains faits quitte à en inventer de nouveaux (attentat en Suède). Le tout au service de ce qu’il estime être bon : la « lutte contre l’immigration », le protectionnisme….

Pourquoi ce président, fou ou adepte de « la stratégie du fou », est-il toujours au pouvoir? De nombreux psychiatres Américains ont signé une pétition en faveur d’une procédure d’impeachment. L’idée de cette procédure « miraculeuse » connaît son petit succès outre-manche. Posture peu réaliste compte tenu de la lourdeur de cette procédure, de la gravité des charges à retenir, telles que « la trahison, la corruption et autres crimes majeurs », mais aussi de l’écrasante majorité républicaine dont Donald Trump bénéficie aux deux chambres.

Et l’économie dans tout ça

Avec toutes ces péripéties, « l’économie plonge et la bourse avec… » Justement, NON. L’indice du Dow Jones se porte à merveille. Le septième record de hausse à la clôture en sept jours vendredi dernier! Le nirvana non?

Selon le site boursier.com : « maintenant qu’ils ont joué sur les aspects jugés positifs du programme Trump, au premier chef les promesses réitérées de baisse des impôts, les investisseurs pourraient marquer une pause, en attendant les premiers signes de mise en oeuvre du programme. »

Allons bon, ceci signifierait que le « lobbie » des « grosses fortunes », celles qui tirent parfois les ficelles se satisferaient du programme Trump? Donc, les investisseurs feraient passer leurs avantages avant la politique sociale, le droit des femmes, des immigrés, des minorités, les risques liés à un protectionnisme excessif…. Je me refuse à cette évidence.

A ce sujet, Lindsey Bell (CFRA Research) s’esprime en ces termes :

« Ce qui me rend nerveux, c’est que j’ai l’impression que les intervenants ignorent toutes les implications des mesures concernant l’immigration, le commerce, la santé-les implications négatives susceptibles de découler d’un gouvernement protectionniste » –le bousier.com

Il y a de quoi être nerveux et, dans ce contexte, la perspective des élections françaises laisse entendre que le pire est à venir.

 

 

 

2 réflexions au sujet de « Trump : un gamin qui sème la panique sans faire plonger le Dow Jones »

  1. Ce pertinent (et impertinent) Bashtrump aurait pu s’intituler, lui aussi : Le vent d’autan : vent honni, vent béni. Tous ne se portent pas mal de son arrivée.

    C’est ce que l’on va retrouver dans la tendance mondiale : l’avènement de ceux qui permettent aux riches de conserver leurs richesses (en étant soit leurs complices soit leurs pantins ou leurs dupes), et aux pauvres de s’entre-déchirer pour se répartir les restes que les riches leur ont jeté.

    Aimé par 1 personne

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