Et si on parlait de liberté


 

Les candidats du « je veux »

Je veux pour vous la paix et des milliards de couchers de soleils paisibles-mais je ne peux vous les promettre
Je veux pour vous la paix et des milliards de couchers de soleil paisibles-mais je ne peux vous les promettre-cdo

La lecture de la presse, un exercice intéressant, enfin la plupart du temps. Lorsque l’actualité vire au cauchemar, on a bien envie de refermer le livre pour se réveiller mais tout n’est pas si simple.

Puisqu’il faut bien continuer, autant partager quelques impressions. Mon attention a été attirée par un billet de Johan Huffnagel : « Ce que les candidats du « je veux » veulent dire ». Que de volontarisme affiché dans une simple titraille, tous semble être dit.

Huffnagel attire notre attention sur une « épidémie » qui touche les candidats à l’élection présidentielle, enfin aux primaires pour la plupart. L’auteur s’interroge, au passage, sur le pourquoi d’une telle floraison de « je veux, je ne veux  pas à la coloration enfantine. Il revoit certaines phrases  Mitterrandiennes ou Gaullistes en y insérant ce qu’il qualifie d' »anaphore collective ». Il faut bien reconnaître qu’ainsi remises au goût du jour, les grandes phrases perdent un peu de leur consistance.

Bon si vous avez l’eau à la bouche, allez donc directement lire l’article sur libé.

Une campagne reste une campagne, difficile de reprocher aux politiciens de tenter de grappiller quelques voix. Alors si le « je veux » est vendeur, pourquoi pas?

Après l’élection, le candidat en poste aura un pouvoir délimité. Avec ça, il fera ce qu’il pourra en fonction de la conjoncture et non de ce qu’il veut maintenant. Vouloir est peut-être un aveu de faiblesse, peut-être que vouloir ne constitue tout bêtement pas un engagement ou une promesse. Et si ce que veulent les candidats du « je veux »était sincère mais fluctuant à la fois, une sorte de vérité du moment ou de posture.

 

De « ce que je veux » comme simple parole électorale à la réalité des contraintes liées à la liberté

 

Parole électorale, parole de campagne prononcée dans l’objectif d’être élu à la plus haute fonction de l’état. Très bien, reste à l’électeur à se déterminer sur le jour d’après. S’il n’a pas envie d’être pris pour un »dindon », il peut encore réfléchir à la France telle qu’elle va évoluer dans les cinq années à venir. Aux raisons de ces changements, car si la France est souveraine, elle n’est libre qu’en fonction de certaines contraintes. Qu’on le veuille ou non, ce pays qui est le nôtre n’évolue en autarcie et va bien devoir s’adapter pour survivre. La construction Européenne comme bouc-émissaire est une évidence facile, mais il faut bien un coupable à nos maux. Bien possible que l’administration européenne, telle qu’elle existe, ne soit pas très fonctionnelle mais la modifier, l’amender voir la supprimer n’évitera pas à la France les conséquences de la mondialisation (furtive ou transparente), des crises migratoires, des guerres, des montées identitaires, autoritaires et religieuses diverses ou du terrorisme. La personne providentielle qui incarnera le chef d’état idéal n’existe pas, celui qui réglera tous nos petits et grands malheurs… Il serait temps d’en faire le deuil et de réaliser que tout ne sera pas parfait ou nul, ça va juste être très difficile.

Difficile de dire quel candidat sera à la hauteur du défi, mais le futur président pouvait avoir un discours cohérent, respectueux de l’ensemble de la population française quelle que soit la classe sociale du citoyen, son sexe, ses choix religieux (ou non religieux), sa fortune (ou son absence de fortune), son identité sexuelle, sa profession (ou son absence de profession) etc…. S’il pouvait oublier de cultiver un entre-soi excessif, créer une ambiance favorable aux minorités et aux femmes, ne pas trop démolir le socle social de la France tout en participant utilement aux phénomènes de mondialisation-globalisation économiques et culturels, on n’aurait peut-être pas tout à perdre. S’il est vrai que l’ordre mondial a le balancier qui penche sérieusement à droite, on peut encore espérer (oups) que notre pays parviendra à se maintenir à l’équilibre.

Une idée pour le candidat qui sera élu, il ne la lira pas, je sais… je sais . L’idée tout de même : rappeler Thomas Piketty et Christophe Guilly afin de ne pas regretter dans 10 ans de ne pas l’avoir fait. Parce qu’aux états-unis, l’obamacare, c’était bien mais trop tard.

#avoir faim #avoir froid # pas pouvoir se laver #pas pouvoir se soigner #un rhume n’a pas les mêmes conséquences lorqu’on est bien nourri et au chaud que pour celui qui vit dehors en étant dénutri.

Et c’est ici que l’on réalise à quel point la notion de liberté individuelle reste relative.

 

 

 

Une réflexion au sujet de « Et si on parlait de liberté »

  1. Il est bon comme le fait l’article, de mettre l’accent sur cette surenchère du velléitarisme électoral depuis une dizaine d’années. entre « je veux », « Moi président », et autres formules martiales. Ces formules magiques à force vont se dévaluer, et leur bulle va éclater. la désignation du vainqueur de la primaire de droite est, dans le style, l’amorce d’un besoin de sobriété. Car tous ceux qui bombent le torse, on va finir par les prendre pour les pantins ridicules, de la chanson de Cabrel…

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