Dijon, Joué-lès-Tours : la psychiatrie comme diversion?


Dijon et Joué-lès-Tours, deux villes frappées à quelques heures d’intervalle. La sérénité des fêtes de fin d’année est troublée, nos repères tombent en morceaux. L’insécurité vient-elle de faire intrusion au coin de la rue? Ce scénario va-t-il se reproduire à l’infini?

La réponse à cette question nous ne l’avons pas.

Pourquoi ne pas essayer de comprendre ce qui arrive à notre pays? Depuis plusieurs mois, Daech diffuse un message idéologique. L’ère du multi média lui a permis de tisser un réseau international difficilement mesurable. « L’état islamique » utilise ainsi à grande échelle des techniques de communication favorisant l’endoctrinement. Un peu comme une secte dont le fond de commerce serait une guerre totale au profit d’une pensée unique qui devrait être imposée à tous. Dans ce contexte, les individus perdent leur existence propre pour n’être ou disparaître qu’en fonction du dogme. Le message du « califat » est clair puisque ce dernier demande à tous ceux qui ne peuvent venir à lui de frapper les pays de la coalition sur leur propre territoire. La France est donc concernée. L’idée est d’importer le conflit et de générer la terreur et l’insécurité puisqu’on ne sait jamais où et quand les évènements, les chocs, peuvent se produire.

Le terrorisme se définit par l’objectif recherché lors du passage à l’acte. Au nom d’une cause, d’une idéologie des civils et des fonctionnaires de l’état ont subi une attaque d’ordre criminelle. Le lien avec la cause se fait par le cri « Allha Akbar » commun aux deux affaires et par la manière d’agir qui correspond à celle préconisée par le groupuscule terroriste (couteau, pierre, toute arme..).

Pour le reste, l’affaire de Joué les Tours a été confiée au parquet anti-terroriste.L’enquête s’oriente pour le moment vers un acte terroriste. La question de l’affiliation à un réseau Djihadiste ou d’une auto-radicalisation est loin d’être tranchée. La question du déséquilibre psychique de l’agresseur de Joué les Tours a été posée, sans que l’on s’y attarde trop. Il s’agissait d’un jeune homme avec un passé carcéral de droit commun.Son frère a été arrêté au Burundi.

Dans l’affaire de Dijon, le passé psychiatrique du conducteur est mis en exergue. Il ne peut être nié compte tenu du nombre de passages de ce dernier à l’Hôpital de la Chartreuse. Toutefois, des expertises psychiatriques préciseront le lien entre l’affaire et les troubles psychiatriques. Quoiqu’il en soit, faut-il considérer qu’une personne atteinte de troubles psychiatriques est imperméable à l’endoctrinement. Au contraire, elle n’y sera que plus vulnérable pourrait y etre receptive si le discours idéologique rejoignait une thématique délirante et vienait la renforcer. Une Personne souffrant de troubles psychiatriques peut également se radicaliser. A vouloir dissocier les personnes presentant un trouble psychiatrique du reste de la société, on pourrait simplement oublier cette notion.

Le passage à l’acte lie à la maladie psychiatrique (psychose) est par essence imprévisible et incompréhensible : on ne peut pas l’expliquer rationnellement. Pour autant, tout comme les idées delirantes, il prend pied dans la réalité, dans l’environnement du sujet. Il s’en inspire. La personne pourrait agir par mimétisme. Mais, en dehors d’une réelle adhesion idéologique (nécessaire pour que l’acte en lui-même soit caractérisé de terroriste), les personnes souffrant de troubles psychiatriques peuvent par delà l’envahissement lie à la maladie, agir de façon désorganisée tout en se trouvant sous l’influence d’une organisation sectaire ou terroriste.

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