Rage

les émotions devraient être comme un bouquet de jonquilles : fraîches et palpables reconnues pour ce qu’elles sont, des fleurs éphémères 

Serrer les poings lorsque respirer devient difficile. Lorsque l’air devient lourd, tellement épais que nos poumons semblent le refuser. Tellement brûlant que notre trachée se rétracte, comme sous l’effet d’un étranglement.
Sensations qui nous deviennent étrangères de part leur puissance dévastatrice

Serrer les poings lorsqu’une rage sourde nous étreint. Comme pour résister à son impact ravageur, luttant pour ne pas se laisser emporter par les flots. Empêchant de toutes nos forces cette fureur de jaillir. Luttant et résistant, notre corps contracte chacun de ses muscles.

En combat contre lui-même, notre corps se pulvérise, ses chairs se dissolvent proche de l’autolyse. Il devient sourd à tout, n’entendant plus que le volcan qui entre en éruption a l’intérieur de lui.

Notre corps s’embrase, se consume. Il devient ce volcan de colère trop longtemps contenue, toujours contrôlée et maintenant enragée d’avoir été trop réprimée.

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Une page blanche

La page blanche est parfois difficile à combler, les mots ne viennent pas.
Ou alors, ils viennent trop, se bousculent et se heurtent.

Difficile alors de les ordonner.

Conformes à l’époque, ils se désagrègent, perdent de leur sens et forment des arabesques sans queue ni tête. Vague esquisse de texte.

Mais la page blanche est avide. Elle réclame sa part d’encre. Elle veut être nourrie et voir les lettres se coucher sur elle.

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Chocolat et fève tonka

 

Les effluves de ton parfum ne me quittent pas . Ce mélange de fève tonka et de chocolat 🍫

Il ne me quitte pas, m’enveloppe d’un voile chagrin

Depuis quand est-il là, je ne le sais pas 

Je ne l’ai pas vu arriver

Toi, tu n’étais plus là depuis longtemps

Je le crois

Ma mémoire s’emmêle, mes souvenirs me trahissent, comme autant de témoignages de cette souffrance indélébile 

Évanescente, depuis que tu n’es plus là. S’échappant un peu plus chaque jour, ma mémoire se joue de la réalité

Depuis ce soir de Juillet, ce soir où tu m’as quittée

Peu après, le parfum est arrivé, comme une dernière effluve de toi

Un dernier rempart contre l’absence

Un dernier lien entre toi et moi

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Du collectif au totalitarisme

base sous marine 
Ça fait longtemps que je n’ai pas parlé de totalitarisme ici. A croire que l’omniprésence du sujet dans l’actualité m’en a passé l’envie.

Il faut cependant reconnaître que la fabrique des « collectifs » bat son plein ces dernières années. Notre société un peu trop individualiste et compétitive le favorise à force d’oublier qu’un peu de solidarité et de lien social ne font pas de mal. L’interdépendance n’est pas une notion si abstraite au fond.

La création de collectifs n’est pas négative en soit, d’autant que le nous  solidaire aide à la révolte et à la résilience.

Par contre, dans une société en perte de repères, atomisée, comme décrite par Annah  Arendt , disloquée tant vis à vis de ses instances représentatives que structurelles le risque d’incorporation du « je » dans un « nous » fondateur est bel et bien présent.

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